The Walking Dead: Season 2 │ ❤ 10

The Walking Dead: Season 2 │ ❤ 10

Pas loin de la fin, au moment d’un flashback touchant entre une toute petite Clémentine et Lee, j’avais l’oeil mouillé et la truffe tremblante, mais au moment du dénouement, j’étais franchement traumatisé. The Walking Dead n’est jamais effrayant et n’essaye pas spécialement de l’être. J’étais parfois choqué ou surpris mais le plus souvent, c’est plus une mélancolie ou un mélange de regrets et de culpabilité sur ses mauvais choix.

Après avoir adoré The Wolf Among Us, j’avais été un peu refroidi par la saison 1 des aventures de Clem. Sans être aussi bancal que la série, le rythme était souvent assommant, on ne savait pas trop où ça allait et le jeu n’assumait pas complètement son status d’expérience purement narrative, avec pas mal de séquences de recherches d’objets dans des décors un peu vides. Je me souviens lui avoir mis un gentil 7 mais j’étais modérément convaincu et que ce n’est que 3 ans plus tard, après avoir souvent entendu vanter les mérites de la suite, que j’ai finalement joué à cette saison 2, et quelle saison !

Cette seconde saison corrige tous les défauts de la précédente, présente une nouvelle galerie de personnages aux destins funestes et nous balance dans les situations les plus atroces en nous faisant prendre des décisions toujours plus déchirantes. Ici, il n’est même pas question de tirer le meilleur d’une situation de merde, mais plutôt de choisir entre la peste et le choléra.

Comment faire confiance en qui que ce soit quand à ce stade de l’apocalypse, les seuls survivants sont soit devenus des crevures soit sont complètement névrotiques ou en passe de le devenir ?

Là où l’écriture montre tout son génie, c’est que TOUS les choix sont difficiles. Il n’y a pas de décision prise sans réfléchir, où on voit à la fin de l’épisode que 70% des joueurs ont opté pour la même solution. Ici, c’est presque toujours du 52% – 48% et j’ai presque toujours cliqué à l’extrême limite du timer, à vainement essayer de peser le pour et le contre, entre mon affection pour un personnage, la sécurité du groupe et mes valeurs morales. Evidemment, il n’est jamais possible de concilier tout ça.

Le gameplay est toujours aussi simple, la DA super efficace, les dialogues sont doublés avec justesse et écrits avec une finesse étonnante, mais c’est surtout la progression du drame, cette lente chute dans l’horreur, qui me frappe quand je repense à ce que je viens de vivre.

Je parlais de mélancolie mais c’est plus intense que ça. Oui, il y a de rares moment de respiration où les personnages semblent pouvoir enfin profiter un peu des vestiges de leurs existences, mais chaque instant de bonheur est cruellement balayé par le prochain drame sans que ce soit jamais artificiel ou forcé. Ce sont juste les conséquences d’essayer d’être heureux dans un monde où il n’est plus possible que de survivre au détriment de tout le reste.

Et jouer une filette de 11 ans était aussi infiniment plus intéressant qu’incarner Lee dans la saison 1. Incapable d’assurer seule sa survie, de contraindre les autres par la force ou la menace, ou même de se faire entendre, on se retrouve incroyablement vulnérable, à essayer d’influencer son entourage et leur faire entendre raison en pouvant rarement intervenir directement, là où Lee pouvait utiliser la force. Cela crée une tension exacerbée et des situations bien plus intéressantes que dans la peau d’un adulte.

10

10/10

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