XCOM: Enemy Unknown │ ★ 8

XCOM: Enemy Unknown │ ★ 8

Lorsque des Ovnis survolent Manhattan et que les petits gris commencent à décimer les populations civiles, un groupuscule de mystérieux Men In Black monte une cellule d’intervention pour sauver le monde, et c’est votre serviteur qui en prend la tête. Quelle drôle d’idée de me donner ce genre de responsabilité, moi qui suis toujours resté le plus loin possible des jeux de gestion et n’ai pas touché à grand chose de tactique depuis le premier “Commandos”.

J+1 : Premier contact Alien

Pour sa première mission sur le terrain, mon squad s’est fait atomiser mais un unique survivant est parvenu à transformer notre humiliation en victoire. Un héros est né, redneck moustachu au charisme de pied de chaise : Bob Wilson, ultime espoir de l’humanité.

J+5 : Commandeur malgré moi

Le fait que tout le monde m’appelle “Commandeur” flatte agréablement ma mégalomanie mais j’aimerais pouvoir déléguer plus de tâches dans la gestion de notre QG parce qu’entre la préparation des troupes, les recherches technologies, l’inventaire des armes et armures, le recrutement des bleus et la gestion des ressources humaines, le développement des infrastructures, les relations diplomatiques à l’échelle mondiale, la construction d’une flotte d’interception d’Ovnis et la surveillance planétaire, je me sens un peu débordé.
Mon seul véritable talent s’exprime sur le terrain, où mes compétences tactiques ont offert à mes hommes une série de victoires écrasantes sur les forces Aliens. A ce rythme, on les aura renvoyés dans leur galaxie avec les couilles dans un lance-pierre en moins de temps qu’il n’en faut pour dire “eXtraterrestrial COMbat unit”.

J+16 : Company of Heroes

Je dispose désormais d’une escouade de vétérans très efficaces, que j’envoie parfois en mission avec des rookies si la tâche ne s’annonce pas trop délicate. Bob Wilson fait désormais équipe avec Vaelis Shepard, toujours en première ligne et à qui j’ai officiellement confié le commandement des opérations tactiques, Dwayne Le Caillou Popaul, sniper sans peur, Sarah Kerrigan, experte en fumigènes, et Rebecca Black, jeune recrue pleine de promesses.

J+23

Première dérouillée pour mon squad dont les vétérans sont revenus en petits morceaux. Rebecca Black est parvenue à donner le coup de grâce à des ennemis qui s’étaient présentés en nombre et c’est de justesse que nous avons pu sauver le VIP que le conseil de Men In Black nous avait demandé d’escorter en lieu sûr. Il y a quelque chose qui me dérange, avec nos mystérieux bienfaiteurs, comme le fait qu’ils n’expliquent jamais leurs motifs et ne nous donnent que le minimum d’informations vitales pour accomplir les missions.

J+26

Pendant que mes hommes pansent leurs blessures, j’ai dû poursuivre l’effort de guerre avec un commando de newbies mais les choses se sont plutôt bien passées. J’avais laissé la troupe aux mains de Rebecca qui a définitivement fait ses preuves en s’entourant de nouvelles recrues prometteuses : Barry White, sniper qui remplace provisoirement Dwayne et Jack Black, un medic dont l’enthousiasme compense les piètres performances.

J+34

Rebecca a retrouvé son bataillon de vétérans et pour fêter ça, elle s’est mise à couvert derrière une portière de voiture et a tiré une roquette en oubliant de baisser la vitre. Elle était encore debout après la déflagration initiale. Si seulement la voiture n’avait pas explosé.

J+40 : En route pour la gloire

Les combats sont de plus en plus riches et tactiques, à mesure que notre équipement s’étoffe et que l’architecture des champs de bataille se complexifie et gagne en verticalité. La plupart de mes hommes sont désormais équipés de grenades qui permettent de détruire n’importe quel élément du décor et de vaporiser les couverts de nos ennemis. J’ai aussi appris à mes dépends que mettre tout mon squad à couvert derrière les pompes d’une station service pouvait avoir des conséquences malvenues.

J+42

La gestion du QG prend un peu trop de place à mon goût, mais rien de dramatique. Certains aspects se marient bien avec l’action tactique, car intimement liés à l’évolution des hommes ou l’amélioration de leur armement. Ainsi, j’aime beaucoup commander de nouvelles autopsies sur les créatures que nous avons abattues ou confier à mes hommes des prototypes de tasers pour essayer de capturer nos ennemis vivants et c’est un plaisir de teindre les cheveux de Rebecca en violet pour arrêter de la confondre avec Shepard, mais à côté de ça, la gestion de ma flotte d’avions de chasse et l’interception des Ovnis n’apporte pas grand-chose à la tambouille et j’ai tellement ignoré toute cette partie que j’ai laissé filer plusieurs Ovnis, ce qui m’a déjà coûté deux satellites.

J+55

Le Conseil m’a envoyé en Chine pour enrayer la panique que les envahisseurs s’efforçaient d’y semer. J’avais sous-estimé la difficulté de la mission et envoyé trop de débutants. Plusieurs civils sont morts dans les feux croisés, d’autres n’ont pu être atteint à temps et ont été lacérés par ces drôles d’arachnides qui leurs ont pondu des toxines dans les boyaux pour les transformer en zombies et si nous avons finis par nettoyer le quartier, le gouvernement Chinois a quand même décidé de se retirer du conseil avant que j’ai eu le temps de reconstruire leur satellite.

J+68 : Succès militaires et débacle financière

Je commence à me dire que je n’étais peut-être pas l’homme de la situation. J’ai beau avoir eu des évaluations très positives en fin de mois par le conseil, qui a salué mes performances remarquables, j’ai de plus en plus de problèmes de trésorerie et la gestion de la base s’en ressent. La plupart de mes décisions sont prises pour le court terme, ma couverture satellite est un gruyère et je n’ai plus de fonds pour l’étoffer, si bien que certains pays commencent à paniquer sévèrement. Mes infrastructures ont été construites en dépit du bon sens et ma base manque sans cesse d’énergie et d’uplink car je n’avais rien planifié.
La seule chose qui tourne à plein régime, c’est la recherche scientifique, car entre les autopsies et les interrogatoires des prisonniers que je ramène maintenant à chaque mission, nous en savons de plus en plus sur la technologie des envahisseurs. Si seulement j’avais de l’argent pour faire quelque chose de tout ce savoir…

J+90

La troisième évaluation mensuelle vient de tomber et il n’y a pas de quoi être fier des résultats. Trop de civils perdus pendant les missions anti-panique, trop d’Ovnis passés entre les mailles du filet et j’en passe.
A côté de ça, je tourne désormais avec une douzaine de vétérans surentraînés, soit deux squads complets pour avoir toujours du personnel disponible en cas de décès inopinés ou de blessures sérieuses. Barry White et Sarah Kerrigan sont morts au combat mais dans l’ensemble, j’adopte un style très prudent, avec des déploiements lents et méthodiques pour exploiter un maximum les couverts, contrôler la ligne de front, éviter d’aggro toute la zone et de me la faire mettre à l’envers, si bien que j’ai généralement très peu de pertes.

J+102

Les performances de mon escouade m’ont permis de concentrer le budget sur la gestion de ma base et de ma flotte. Mes hommes se battent avec des agrafeuses et des armures en carton mais j’ai enfin le super radar et la centrale à fusion et j’ai pu redresser la barre. J’ai lancé un maximum de satellites pour augmenter mes revenus mensuels et j’ai investi tout mon budget dans la recherche aérienne, jusqu’à construire mes premiers ovnis. Tout est sous contrôle.

J+140 : Apocalypse anticipé

Mission de routine dans la forêt, dans une zone faiblement peuplée. Mes hommes se déploient insouciamment d’un buisson à une souche en scannant le sous-bois à la recherche d’une présence hostile, quand mon éclaireur se prend une volée de roquettes et mord la poussière. En quelques secondes. Au sommet d’une petite butte, un énorme robot bipède domine le champ de bataille, avec un sérieux avantage positionnel tandis que ses alliés équipés de jetpacks se positionnent pour prendre mes soldats à revers.
Pris par surprise, avec des lignes de tir particulièrement défavorables, les braves luttent pour leur survie et arrosent tout ce petit monde de grenade et de roquettes sans regarder à la dépense. Nos ennemis ont fini en petits tas de débris incandescents mais nous avons encore une massive épave d’Ovni à prendre d’assaut et plus aucune munition explosive.

Au coeur du vaisseau, le squad se retrouve confronté à un Commandeur Alien télépathe accompagné de sa garde personnelle. Entre les jets de grenades pour déloger mes hommes de leurs couverts et les attaques mentales du Commandeur qui prend le contrôle de Shepard pour la retourner contre les siens, nous ne devrons la victoire qu’à l’héroïsme exemplaire de Rebecca Black qui s’est jetée dans la mêlée et a pu neutraliser le gradé Alien sans l’abattre. C’est notre plus grande victoire depuis le début de cette guerre et j’ai hâte de savoir ce que notre prisonnier va nous déballer une fois soumis à la question dans notre cellule de confinement flambant neuve.

J+175 : Le goût de la défaite

Après avoir brillé à maintes reprises, mon commando a essuyé aujourd’hui sa première cuisante défaite. Nos satellites avaient détecté un Ovni de belle taille, stationné dans une zone rurale sur le continent Américain. Je m’attendais à une résistance musclée vu qu’il s’était posé là, et non crashé mais j’étais en dessous de la vérité. Nous avons été accueillis par une horde d’Aliens caparaçonnés, épaulés d’unités biomécaniques en tous genres. Ils étaient tous bien positionnés et déployés et ont fait sauter tous nos couverts à la roquette. J’ai tenté un repli vers le toit du vaisseau mais les unités volantes nous ont poursuivis et mes hommes se faisaient canarder méchamment. Avec Shepard et Rebecca au sol, Dwayne a dû ordonner le repli avant d’essuyer trop de pertes.

J’ai décidé d’ignorer ce contact et il a fini par disparaître de nos radars. J’espère qu’il ne va pas revenir faire des misères à ma couverture satellite. En attendant, j’ai revendu pas mal de matière première Alien inutilisée et j’ai pu renouveler un peu l’équipement de mes troupes. Espérons que ça suffira.

J+188 : Manoir X

J’ai enfin ouvert ma “Psionic school”, ma propre école pour X-Men. J’y ai envoyé mes hommes un à un et le résultat était toujours négatif : aucune prédispositions. Finalement, c’est Bob Wilson qui a montré les premiers signes d’une sensibilité psy, probablement grâce à la puissance de la Moustache. Peu après, Dwayne Popaul a lui aussi obtenu des résultats positifs. Je n’ai pas encore pu expérimenter leurs nouveaux talents sur le terrain mais j’ai hâte.

J+220

La cadence des contacts ennemis a largement diminué ces dernières semaines et j’en ai profité pour investir davantage dans la recherche et le développement de nouvelles technologies. Mes hommes disposent désormais des derniers gadgets à la mode, entre les armures jet-pack, les dispositifs de hack de drones ennemis, les combinaisons d’intensification de pouvoir psys et toutes sortes de déclinaisons de notre arsenal dans des versions Plasma survitaminées.
Les attaques mentales de Bob font leur petit effet mais ce sont surtout ses tempêtes psy, capables de balayer une zone et de tuer plusieurs cibles simultanément, qui font vraiment la différence. Le contrôle mental peut aussi s’avérer très efficace pour briser la cohésion d’un groupe ennemi en les prenant à revers, mais cela ne semble fonctionner que sur des victimes affaiblies.

J+ 235

Au fil des recherches, des découvertes et de nos expérimentations sur les reliques extra-terrestres collectées au fil de nos batailles, mes équipes scientifiques ont emmagasiné un savoir qui ne cesse de fasciner leur chef d’équipe à l’accent délicieusement germanique.
Le moment est venu de mettre ces recherches à profit pour prendre d’assaut le gigantesque vaisseau-temple dont l’ombre menaçante plane depuis trois semaines au-dessus du Pacifique. Bob Wilson s’est porté volontaire pour se lier mentalement à un catalyseur Alien dont nous ne mesurons pas pleinement la puissance, et mes troupes sont prêtes pour l’assaut final.

N’ayant pas joué aux vieux UFO & co, je vous épargne les comparaisons aigries et les vieilles diatribes à base de “c’était mieux avant” sur fond de guitare sèche et d’accent du terroir.

Après 35 heures d’affrontements acharnés et de gestion de base catastrophique, je suis finalement venu à bout de l’invasion extra-terrestre qui menaçait ma planète bien-aimée et même si je suis le premier à clamer que les jeux trop longs me font un peu chier, je ne regrette aucune de celles que j’ai passées sur Enemy Unknown.

8

8/10

Ecrire un commentaire