[Critique] Stories Untold

[Critique] Stories Untold

Stories Untold est un trip nostalgique et un hommage aux années 80 à bien des égards. C’est un jeu d’aventure textuelle, mais pas trop, et une expérience narrative interactive, mais pas trop non plus. Un jeu d’horreur, mais qui n’essaye pas vraiment de faire peur.

Divisé en quatre chapitres d’une demi-heure chacun, jusqu’au final “où tout est dévoilé”, j’ai eu la patience d’en faire la moitié avant de lâcher l’affaire et d’accepter de ne jamais savoir où le jeu voulait en venir, car le déroulement des opérations est un peu trop pénible pour que je m’en inflige une heure de plus.

Je comprends ce que le jeu essaye de faire : ça ressemble à de l’aventure textuelle classique, mais enrobé de visuels, de voix, et avec un gros twist meta qui met le joueur dans un rôle actif, avec une interface diégetique et une place dans l’histoire. Je ne peux pas en dire plus sans spoiler lourdement, et ce serait dommage, car si vous adhérez au concept (ce qui semble le cas de la plupart des joueurs), c’est ce qui va certainement vous charmer.

Le problème, c’est qu’on se retrouve à suivre un script parfaitement linéaire en suivant des instructions littéralement écrites à l’écran et le gameplay n’a strictement aucun intérêt :

  • Le premier chapitre est une aventure textuelle où vous aurez une douzaine d’actions à faire dans un ordre précis, en suivant ce qu’on vous demande de taper. Pas de recherche, de réflection, d’exploration, on va droit à l’essentiel, ce qui est généralement une qualité, mais comme l’histoire n’est pas spécialement intéressante et se termine beaucoup trop tôt et totalement en queue de poisson, je me demande un peu à quoi bon.
  • Le second chapitre part dans un trip SF avec des aliens et un gameplay très différent où vous lisez des instructions pour manipuler des machines. Qui est-ce que j’incarne ? Qu’est-ce qu’on est en train de faire ? Pourquoi est-ce que je mène cette expérience si je ne sais pas me servir des appareils en question ? Rien de tout ça ne vous sera expliqué, parce qu’on va droit au but. Une fois de plus, tout ce que vous devez faire est écrit noir sur blanc à l’écran, donc pas de place pour la réflexion, l’expérimentation ou l’interprétation, vous suivez le script et à la fin, il se passe un truc abscons et on en sait pas plus qu’au début.

Et tout ça est enrobé de nostalgie, avec des vieux ordinateurs rétro et des morceaux d’Atari parce que C4EST LES ANNEES 80, TU VOIS! Si jamais la synthwave dans le générique (que vous allez entendre toutes les 30 minutes sans pouvoir le zapper) n’était pas assez lourdingue, vous allez en avoir pour votre argent. Alors, je comprends qu’en 2017, la vague de mélancolie eighties n’était pas encore devenue ridiculement excessive et sur-utilisée, mais si vous découvrez le titre en 2021, ça risque de faire grincer quelques dents.

Vraiment, je comprends ce que le jeu essaye d’accomplir, et je le respecte (un peu) pour ça, mais je ne suis pas du tout la cible. La direction artistique et le doublage sont solides, et pour du jeu indé, c’est très propre, mais j’ai dû me forcer à y jouer une heure.

4

4/10

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