[Critique] L.A. Noire

[Critique] L.A. Noire

L.A. Noire est un faux jeux Rockstar dont le concept original et excitant est enterré sous une surcouche maladroite de GTA-like. Ce vernis, c’est un open world énorme mais complètement vide, des poursuites sur rail un peu molles et des fusillades ennuyeuses. Mais là dessous se cache un pur jeu d’enquête basé sur le dialogue et l’investigation, et ça, ça me fait vraiment plaisir.

Le problème, c’est qu’il est sacrément épais ce vernis et que pour profiter du gameplay d’investigation, il faut se fader tout un tas d’à-côtés encombrants qui ne semblent avoir été fourrés là dedans que pour satisfaire le cahier des charges de l’éditeur et faire plaisir au département marketing qui peut vendre ça comme un monde ouvert avec de l’action et de l’adrénaline.

L’autre problème, c’est que le pur jeu d’enquête que l’on finit par trouver sous ce bordel n’est pas bien passionnant, beaucoup trop facile, et qu’on ne peut pas vraiment se foirer. C’est aussi salement linéaire, mais pas trop. Ou peut être que si..? Après 15h de jeu, je ne sais toujours pas vraiment si on peut rater des enquêtes en faisant les mauvais choix ni si les enquêtes où j’ai échoué malgré mes bons choix auraient pu être réussies.

Le jeu m’en donne vaguement le sentiment, avec un système d’évaluation en fin de mission, mais j’ai l’impression que tout ça se déroule en pilote automatique et que mes décisions n’y sont pas pour grand chose. A ce titre, je n’ai jamais eu non plus l’impression d’incarner Phelps, mais plutôt de regarder au dessus de son épaule. Quand j’ai appris au bout de plusieurs heures de jeu que j’étais marié et possiblement père de famille, j’ai réalisé qu’en effet, j’étais complètement déconnecté de ce personnage.

Et quel personnage. Phelps oscille entre la coquille vide et le connard antipathique. Avec son ton supérieur, condescendant ou carrément hostile, je ne pense pas l’avoir vu se comporter amicalement avec qui que ce soit. Mais ce n’est pas le seul. Absolument aucun second rôle n’est sympathique : entre les menteurs, les corrompus, les racistes, ou l’alcoolique de service qui enchaîne les blagues sur les violences conjugales, tous les personnages qu’on apprend à connaître se révèlent de plus en plus détestables.

Alors on pourrait imputer ça au choix de l’époque où à un vague propos politique, mais finalement, c’est juste écrit comme un jeu Rockstar, ce qui est un peu dommage vu qu’ils n’étaient pas directement à la barre. GTA 5 avait exactement les même tares d’écriture et j’avais aussi décroché après une 15aine d’heures durant lesquelles j’espérais que la magie finirait par opérer.

Je ne peux pas non plus dire que ces 15h ont été désagréables. Pendant longtemps, c’était relativement sympa, avec une succession de petites affaires sans aucun rapport les unes avec les autres. On débarque sur une scène de crime, on clic partout en essayant de ne rien louper. Tout est relativement évident, avec des pièces à conviction qui trainent dans le passage et on a chaque fois une nouvelle galerie de seconds rôles qu’on ne reverra jamais.

J’ai même commencé à y croire quand on m’a mis sur la piste d’un tueur en série et que les enquêtes ont commencé à prendre de l’épaisseur, avec un vrai mystère autour de suspects et surtout enfin un fil rouge. Mais c’était provisoire, et l’instant d’après, je quitte les homicides et c’est le retour à la case départ : des petites affaires déconnectées, et Phelps qui balade là dessus son regard désincarné et ses remarques moralisatrices.

A ce stade, je n’ai plus de raisons de croire que le jeu finira par décoller. Il avait pourtant un sacré potentiel et reste loin d’être un mauvais jeu, mais la vie est trop courte pour finir des titres juste corrects d’une telle longueur. S’il n’était pas aussi effroyablement long, je me serais peut être accroché, mais la version PC inclue d’office tous les DLC et je n’en suis qu’à la moitié. Sans façon.

6

6/10

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