[Critique] Vampire: The Masquerade – Bloodlines

[Critique] Vampire: The Masquerade – Bloodlines

Adapté du jeu de rôle éponyme de White Wolf, Vampire prend place dans un décor contemporain sombre et gothique où la plupart des Vampires se soumettent aux règles de la Camarilla pour faire profil bas et se fondre dans le commun des mortels.

Il s’agit d’un action-RPG dans la veine de Deus Ex, pondu par les surdoués de Troïka au temps de leur splendeur. Le titre regroupe tout ce que j’attends de mon jeu de rôle PC idéal, à savoir :

● Un univers immersif et crédible
● Une écriture riche et prenante
● Des interactions sociales complexes
● Une narration dynamique et de vrais choix moraux
● Un gameplay varié qui permet de nombreuses interactions avec le monde
● Des alternatives au combat et à la force brute

Vampire offre tout ça et bien plus encore ! #Cliché

Un problème, X solutions

Vampire est l’un des seuls RPG permettant de résoudre quasiment toutes les situations (y compris les missions en terrain hostile) sans combattre, en proposant des alternatives telles que l’infiltration ou le dialogue. C’est bien joli sur le papier, et contre toutes attentes, ça marche vraiment.

Seuls quelques boss font exception, malheureusement, et comme dans Deus Ex, vous devrez les dessouder avec les moyens du bord. Ca ne parait pas bien dramatique, dit comme ça, mais quand vous avez monté un personnage purement social, sans aucune aptitude guerrière, ce n’est pas une mince affaire.

Le système de jeu reprend les bases du jeu de rôle papier “Vampire : La Mascarade, et permet de créer des personnages variés? Vous commencerez par choisir votre famille parmi un large choix, et celle-ci déterminera l’éventail de pouvoirs qui vous sera accessible, ainsi que les préjugés des autres vampires à votre égard. En plus d’offrir de nombreuses possibilités, ces différentes familles permettent une rejouabilité énorme car les choix de dialogues et les réactions de vos interlocuteurs peuvent varier dramatiquement d’un personnage à un autre.

Un petit chef d’oeuvre d’écriture

Les NPC sont nombreux et ont tous un paquet de trucs à dire. Les dialogues sont riches, bien écrits, entièrement et brillamment doublés et parfois d’une densité impressionnante ; ils pourront notamment vous en apprendre plus sur la mascarade, entre autres subtilités de background, si vous avez besoin de réviser vos classiques.

Au fil de l’histoire, vous serez amené à fréquenter toute une galerie de personnages haut en couleur : drôles, pathétiques, touchants ou envoûtants, il en est peu qui vous laisseront indifférent et vous aurez même droit de perdre votre innocence avec de luxureuses Vampirettes qui n’avalent pas que du sang, ou avec de petites humaines fragiles, fascinées par votre nouvelle aura de séduction surnaturelle.

Le scénario se distingue aussi par son originalité et parvient même à se démarquer de l’habituel arc transformationnel d’un héros parti de rien qui conquiert le pouvoir à la seule force de sa surpuissance. Dans Bloodlines, vous partez de rien, en tant que novice handicapé par la médiocrité de son sang neuf, et vous ne monterez pas nettement plus haut. Alors vous pouvez bien vous révolter ou lécher les bottes de votre Prince, mais ne vous attendez pas à un fabuleux récit d’ascension au pouvoir, vous risquez de déchanter douloureusement.

A noter qu’il fait partie de ces trop rares jeux dans lesquels vous avez un appart’ bien à vous, avec un PC, une télé, du courrier à aller chercher, une option “femme au foyer” et pas mal d’autres surprises en cours d’aventure.

Quelques fausses notes

Le titre n’est pas dénué de défauts ou de bugs, même si la plupart de ces derniers ont été corrigés par une communauté de fans hyperactifs qui pondent des patchs non-officiels toutes les semaines depuis 15 ans. Les environnements urbains sont exigus et on en a vite fait le tour, mais ils compensent par des identités très marquées (avec entre autre quatre quartiers bien distincts de la cité) et toujours ce charme ténébreux si caractéristique. Certains passages se révèlent même vraiment effrayants.

Le jeu utilise le moteur Source d’Half-life 2 mais il est loin d’être aussi beau. Les personnages sont expressifs et joliment modélisés mais souvent mal animés, et les textures sont assez pauvres. Les sensations de combat sont médiocres, autant au flingue qu’au corps à corps. L’infiltration n’est pas très développée non plus et peut rendre certains passages frustrants mais c’est la contrepartie habituelle d’un jeu mêlant beaucoup de genres.

Vampire offre une expérience prenante qui vous laisse plein de souvenirs incroyables et propose assez de liberté pour vous permettre d’écrire une histoire unique au fil de vos choix, vos allégeances et toutes les branches optionnelles à son intrigue déjà touffue.

Il constitue également une superbe plongée dans l’univers de la mascarade, encore inégalée à ce jour, avec de très longs dialogues : passionnants, drôles et richement écrits. Si vous savez lui pardonner quelques imperfections techniques et le poids des années, il saura vous emporter dans son ambiance gothique durant 20-30 heures qu’on ne voit vraiment pas passer.

9

9/10

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