Star Wars Jedi: Fallen Order │ ❤ 10

Star Wars Jedi: Fallen Order │ ❤ 10

Fallen Order est typiquement le genre de jeu que j’ai regardé du coin de l’oeil avec une vague curiosité mais pas assez d’intérêt pour passer à la caisse. Ça ressemble à un gros AAA assez banal, ça a l’odeur du AAA banal et ça utilise la licence Star Wars dont le nom suffit à générer des ventes sans avoir besoin de faire d’efforts.

La parenté avec Uncharted m’a rendu d’autant plus méfiant, et les premiers trailers m’ont conforté dans l’idée d’une prudente patience. Seulement, avec Respawn aux commandes, j’aurais dû me douter qu’il y avait bien plus de talent en coulisses que ce que le marketing parvenait à en montrer.

Il était une fois dans un lointain spinoff

Dans la peau de Cal Kestis, un jeune padaw– On s’en fout. Vous Jedi, vous apprendre la Force pour tuer méchants avec sabre laser. C’est du Star Wars, le scénario est bateau au possible et servira d’excuse pour vous balader aux quatre coins de la galaxie en renforçant votre connexion à la Force pour débloquer des pouvoirs de plus en plus fumés.

Je ne dis pas que c’est mauvais, c’est même plutôt réussi pour un Star Wars, avec une galerie de second rôles sympathiques, une méchante qui réussit presque à avoir un peu d’épaisseur et un héros transparent à la Zelda qui ne prend jamais trop de place à l’écran, pour ceux qui ont du mal à s’identifier à un vrai personnage.

A titre de comparaison, c’est beaucoup mieux écrit que n’importe quel épisode de la nouvelle trilogie (ce qui n’est pas un énorme compliment), parce que l’histoire ne recycle pas de vieilles ficelles et n’essaye pas non plus d’en faire trop.

Ici, il n’est pas question de sauver la galaxie, de vaincre l’Empire, de restaurer la balance cosmique ou de se débarrasser de l’Empereur. On vous parle plutôt d’enjeux locaux et pas très importants mais dans lesquels les personnages ne sont pas moins émotionnellement investis. On a droit à quelques rebondissements dramatiques, des petites révélations ici et là, et ça suffit à rendre l’histoire intéressante, à défaut d’être captivante.

La première chose qui saute aux yeux, c’est que le jeu est magnifique. Que ce soit dans les cutscenes ou en jeu, les lumières et les surfaces de L’unreal Engine 4 assurent le show et chaque planète explorée a une identité bien marquée et parfaitement restituée. Les FX donnent une pèche folle aux combat et les gros plans sur les personnages sont bourrés de détails (Greez semble tout droit sorti d’un des films). C’est franchement tout ce que j’attends d’un jeu Star Wars.

Il y a bien quelques petits bémols ici et là, comme des Wookies hideux ou des bouts de décor où les textures bavent un peu, mais il faudrait être un sacré pisse-froid pour être fan de Star Wars et ne pas apprécier ce que Fallen Order a en vitrine.

La bande originale est du Star Wars pur jus, avec des orchestrations symphoniques originales et d’autres qui repompent sans honte les morceaux mythiques de la trilogie originale. Et ça marche parfaitement : entendre une reprise d’Asteroïd Field pendant une course poursuite m’a hérissé tous les poils, et même si j’ai un peu décroché du mythos Star Wars il y a un moment, ses thèmes musicaux suffisent encore à affoler mon petit coeur de fan.

Toute la partie sonore est du même tonneau : les wooww wooooow et les ksshhtt des sabre-laser sont bien là, tout comme les Piou Pieeew de blasters, les sifflements des canons de TR-TT ou des Tie Fighters, le ronronnement des moteurs d’un vaisseau de contrebandiers, les adorables beep boop de BD-1, les grognements des wookies, j’en passe et des meilleurs.

Pas l’Platine

Fallen Order n’essaye pas de réinventer l’eau tiède. Il recycle, combine, imite et juxtapose des éléments de gameplay issus d’autres titres, en un tout cohérent et bien ficelé. C’est un pot pourri de 10 ans de bonnes idées de design, et ça marche remarquablement bien.

  • Dark Soul

S’il y a bien eu une série de jeux sur laquelle tout le monde radote depuis 2010, c’est la série de From Software. N’ayant jamais eu la patience de m’investir là-dedans, je suis ravi d’avoir pu en faire une version Star Wars un peu édulcorée, avec des combats techniques et suffisamment complexes pour m’intéresser 20 heures durant.

Très loin du button-mashing de beaucoup de jeux d’action, Fallen Order vous demandera de bien lire les mouvements et les attaques des ennemis, vous adapter à leurs capacités, parer et contre-attaquer au bon moment, esquiver quand nécessaire et gérer votre placement contre les groupes. La panoplie de techniques et de pouvoirs s’étoffe au fil du jeu, avec l’habituel système de niveau et de talents complètement inutile comme on en bouffe depuis dix ans.

  • Uncharted

Une inspiration finalement assez mineure que l’on retrouve dans le côté très cinématographique et outrageusement épique de certaines séquences, particulièrement au début et à la fin. On se retrouve avec une intro menée tambours battants, qui m’a fait un peu peur, mais heureusement, le jeu prend une toute autre direction par la suite et se concentre davantage sur les combats et l’exploration que sur des séquences à la Michael Bay où tout explose dans des trains qui déraillent au milieu d’une éruption volcanique.

  • Metroidvania

Le jeu est composé de plusieurs grosses zones ouvertes dont seules certaines portions sont accessibles à votre première visite. Le reste est verrouillé par des gouffres infranchissables, des barrières indestructibles ou des portes inpiratables.

A mesure que vous progresserez dans l’aventure, vous débloquerez des pouvoirs pour passer outre ces obstacles et découvrir de nouveaux secteurs dans ces zones où l’histoire vous fera naturellement revenir, permettant d’ajouter une composante d’exploration libre à une aventure par ailleurs linéaire.

C’est le meilleur des deux mondes, car après avoir bouffé des openworld jusqu’à l’écoeurement, je suis plus que jamais friand d’aventure linéaires et dirigistes, mais le jeu saura aussi satisfaire ceux qui souhaitent explorer et écumer chaque recoin de ces grandes cartes pleines de passages secrets.

  • Prince of the Wild Raider

Des tombes, de la plateforme, du wallrun et des puzzles physiques avec des boules, on retrouve encore dans les quelques ‘donjons’ de Fallen Order des ingrédients de Prince of Persia, Tomb Raider ou Breath of the Wild.

Courir sur les murs et bondir comme un yamakazi pour atteindre une plateforme inaccessible vous permet de découvrir d’anciennes reliques Jedi, et peut vite laisser place à une grosse énigme à base de jets de vapeur, de blocs de pierres ou de télékinésie de cordages, et j’ai parfois eu l’impression d’être au milieu d’un sanctuaire de Zelda.

Jedi Fallen Order est du pain béni pour fan de Star Wars. Il restitue à la perfection l’ambiance des films, à l’aide d’une réalisation impeccable, une restitution fidèle de l’univers, ses sons, sa musique, ses aliens chelous et les pouvoirs de la Force.

Ajoutez-y un gameplay solide qui n’invente rien mais combine efficacement tout ce qui fonctionne le mieux dans les jeux de la dernière décennie, des ennemis qui ont du répondant, et un excellent sens du rythme, pour vous tenir en haleine une bonne vingtaine d’heures, et vous obtenez le meilleur jeu d’action Star Wars produit à ce jour.

10

10/10

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