[Critique] Dragon Age: Origins

[Critique] Dragon Age: Origins

Dragon Age est un Rpg “à l’ancienne”, qui vient rendre hommage aux classiques du genre et se veut le digne successeur de Baldur’s Gate. Dans les faits, il hérite d’un grand nombre de ses qualités :

+ Une épopée épique
+ Des personnages travaillés
+ Un système de combat tactiques d’une grande richesse
+ Du tuning à ne plus savoir qu’en faire
+ Une durée de vie colossale (+/- 60h)
+ De l’humour et du social facultatif pour s’amuser

Et de quelques uns de ses défauts :

– Un scénario trop classique
– Trop de combat, des heures de combats, des tonnes de combats
– Trop de donjons, des heures de donjons, des kilomètres de donjons

Dragon Age Origins reste inférieur à son modèle sur certains points :

– Un level design archi linéaire, là où les Baldur’s Gate étaient très ouverts.
– Des personnages moins drôles, moins originaux et clairement moins marquants.

Mais le surclasse sur un paquet d’autres points :

+ On se débarrasse enfin des règles pourries de D&D
+ Le système de combat est bien plus nerveux et dynamique
+ Les combats sont aussi plus riches et tactiques (gestion de l’aggro, body-blocking, synergies)
+ La quête principale est moins linéaire et peut être faite à la carte dans l’ordre de son choix
+ Les romances sont plus subtilement amenées, la dimension sociale plus aboutie.
+ Des conversations entre les personnages largement plus fréquentes et bien écrites.
+ La gestion des personnages est plus agréable avec le campement. Plutôt qu’envoyer les personnages à l’autre bout du monde quand on a plus de place dans son groupe, on sait toujours où les trouver et on peut continuer de faire évoluer les relations.

Dragon Age est donc très fidèle à ce que j’en attendais et s’est permis de me surprendre à bien des égards. Je l’attendais moins violent, moins adulte dans l’écriture de ses dialogues (et je ne dis pas ça uniquement parce que ça parle régulièrement de cul) et surtout moins difficile.

Quand on a goûté aux Bioware suivants, Mass Effect en tête, ça fait plaisir de retrouver enfin un jeu exigeant, taillé pour le PC, avec un tel niveau de finition.

C’est aussi un naufrage esthétique total. La plupart des décors sont peu inspirés mais c’est surtout le design des personnages qui oscille entre correct et honteux. L’univers baigne dans une ambiance de fan-fiction de Tolkien mais si vous décidez de vous y plonger en lisant les multiples ouvrages que vous trouverez au détour de vos aventures, vous pourriez bien tomber sous le charme et vous laisser immerger.

Dragon Age est assez laid, un peu putassier (du sang et des seins, à ne plus savoir qu’en faire) et va assommer de combat jusqu’à la nausée. Malgré ça, c’était à l’époque une formidable claque, pleine de scènes épiques, de dialogues savoureux et de choix cornéliens (chaque grand pan de la quête peut être résolu de 3 ou 4 manières) avec une histoire qui s’adapte de manière très satisfaisante à vos décisions. Dix ans plus tard, je m’y replongerais volontiers s’il ne durait pas plus de 60 heures.

8

8/10

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