[Critique] Age of Conan : Hyborian Adventures

[Critique] Age of Conan : Hyborian Adventures

J’ai depuis longtemps une affection particulière pour Funcom dont j’ai testé beaucoup de jeux sans en aimer aucun. Le studio déborde de créativité et s’attache à des univers originaux et fascinants qui me vendent toujours de belles promesses.

De la SF glaçante d’Anarchy Online aux les steppes Hyboriennes d’Age of Conan en passant par l’onirisme enchanteur de The Longest Journey ou le melting-pot Lovecrafto-X-Filien de The Secret World, il y avait matière à créer des jeux formidables mais j’ai le sentiment que le studio n’a jamais eu de moyens à la hauteur de ses ambitions.

J’ai joué à Age of Conan quelques mois après sa sortie et cette critique est donc à relativiser si vous souhaitez y jouer aujourd’hui car le jeu a apparemment beaucoup évolué entre temps. Je suis d’ailleurs étonné et agréablement surpris de le voir encore en ligne en 2021. (Edit: Après vérification, Anarchy Online, sorti en 2001, a encore des serveurs 20 ans plus tard. C’est admirable.)

Age of Conan m’a laissé un mauvais souvenir et j’avais lâché l’affaire au bout d’un mois et demi. Pour citer brièvement ce qui me déplaisait :

  • La direction artistique de l’ensemble, avec un chara-design peu inspiré, surtout (Avatar et NPC humains, particulièrement)
  • Le rendu complètement à la ramasse qui se permettait de tomber parfois sous les 20 fps sur une machine correcte et gérait abominablement mal ses textures (le jeu affichait les textures tellement en retard qu’on ne voyait jamais la version HD, à moins de stationner suffisamment longtemps au même endroit)
  • Pénurie de quêtes aux environs du 35-40. Globalement pas assez de contenu et aucune rejouabilité pour un reroll. Sorti la même année, Aion avait exactement le même problème.

J’avais notamment détesté toute la partie sur Tortage, la fameuse intro que tout le monde adore. Pas par anti-conformisme mais parce que je ne joue pas à un MMO pour être coupé du reste du monde, prisonnier d’une île, à suivre un arc narratif poussif, dans un simulacre maladroit de Rpg solo. D’autant que cette “intro” était assez longue et qu’il n’était possible d’explorer le reste du monde qu’après l’avoir terminée.

J’ai beaucoup aimé mon arrivée à Tarantia et la découverte des zones de départ des autres peuples, ainsi que les zones à xp 20-40. Certaines régions étaient passionnantes à arpenter,  surtout avec des groupes d’exploration roleplay, car le jeu avait une communauté RP assez dynamique au lancement du jeu.

Le système de combat était agréablement pêchu, même pour les lanceurs de sorts. Ma prêtresse avait des sorts de répulsion rigolos pour pousser les gens dans le vide, et une panoplie d’AOE pour zoner des grappes d’ennemis. Cela dit, c’est vraiment au corps à corps que le titre brillait, avec des animations brutales et des finish agréablement sanglants.

Age of Conan ne manquait pas de qualité, avec un système de combat plus dynamique que la moyenne de l’époque et quelques régions sympa à explorer. Mais entre son introduction sur rails lourdement scénarisée et des niveaux supérieurs où la pénurie de contenus transforme le leveling en un grind laborieux et interminable, le jeu ne trouve jamais de juste milieu et se dégonfle sous le poids de ses ambitions.

4

4/10

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